Analyser le Jazz
de Laurent Cugny
Notes de l’éditeur:
Analyser le jazz, c’est d’abord savoir ce qu’on analyse. Qu’est-ce qu’une oeuvre de jazz ? L’expression a-t-elle un sens ? Comment faut-il la comprendre, la définir ? C’est ensuite en pénétrer la matière, examiner à la loupe ses composants, l’harmonie, le rythme, la forme, la mélodie, le son. Mais c’est aussi faire l’histoire des façons dont l’a abordée, des théories qui ont vu le jour dans le même temps où la musique se développait. C’est encore s’interroger sur les rapports au milieu, aux mondes dans lesquels le jazz s’est épanoui. À travers ces examens méticuleux, c’est finalement une réflexion d’ensemble qui se dessine, sur un objet plus vivace que jamais, aux formes toujours renouvelées, aux contours plus changeants qu’ils ne le furent jamais. Tel est l’ambitieux pari de cet ouvrage, où l’analyse musicologique la plus rigoureuse succède à des considérations historiques et générales, accessibles aussi bien aux amateurs du jazz, qu à ses praticiens et à ses analystes. Laurent Cugny propose ainsi plusieurs outils pratiques pour les pédagogues du jazz : une grammaire des progressions harmoniques tonales, un système de repérage des polyrythmies, une classification des types d analyse du solo improvisé et un protocole d’analyse de l’oeuvre de jazz, outil synthétique et d’une utilisation très simple, fondé sur un socle théorique lui-même très explicite.
L’auteur:
Laurent Cugny débute l’étude du piano à dix ans et commence à jouer dans des groupes amateurs à l’âge de dix-huit ans. Il entame des études d’économie puis décide de se consacrer à la musique. En 1975 il rencontre et joue avec le multi-instrumentiste Hervé Bourde. En 1979 il intègre et dirige la formation Lumière. La même année il obtient le troisième prix de piano solo au concours national de jazz de la Défense. Il s’intéresse également au cinéma, en particulier à la réalisation de courts-métrages. Après avoir écrit un livre sur Gil Evans, il se rend à New York et travaille avec lui. En 1993 il publie un autre ouvrage consacré à la période électrique du compositeur et trompettiste Miles Davis. De 1994 à 1997, c’est le cinquième chef de l’Orchestre national de jazz. Il enseigne le piano de 1981 à 1991 au Centre d’Informations Musicales de Paris. En 2001 il obtient un doctorat de musicologie à la Sorbonne. (Source: Wikipédia)
Détails:
Analyser le jazz de Laurent Cugny
Paru le 2 novembre 2009
576 pages
Editions Outre Mesure
ISBN-10: 2907891782
ISBN-13: 978-2907891783
44 €
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Élève d’Alban Berg, ardent défenseur de la seconde École de Vienne, TW Adorno exécrait le jazz. Cette » mode intemporelle » qu’il qualifiait aussi d’ » archaïsme moderne » n’était, selon lui, qu’un pur produit de l’industrie culturelle, une expression faussement libératrice de la communauté noire américaine et une régression primitive au stade sadomasochiste. Toutefois, curieusement, le philosophe, pourtant peu enclin à s’attarder sur ce qu’il abhorrait, ne cesse, presque sa vie durant, de multiplier les commentaires visant à discréditer une musique à laquelle il attribue néanmoins, de façon contradictoire, une » immortalité paradoxale « . Continue reading →
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La Preuve par neuf s’attache à trois trios essentiels des mondes du jazz : ceux qu’auront dirigés (avec quelques variations de personnel) Teddy Wilson, Duke Ellington et Ahmad Jamal. Formule canonique, cœur du mouvement jazzistique et de ses tensions esthétiques comme l’est le quatuor à cordes dans la musique classique occidentale, le trio piano-basse-batterie est tour à tour territoire d’expérimentation et de méditation, lieu d’invention (Ahmad Jamal, Bill Evans) et de fixation des règles (Teddy Wilson, Bud Powell) ; lieu aussi de rêverie (exemples innombrables). Continue reading →
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Avec «le Lewis Porter» sur John Coltrane, la bibliographie sur le jazz en langue française s’enrichit d’un titre de référence, unanimement salué outre-Atlantique au moment de sa sortie (1999 aux Presses de l’Université du Michigan). Largement attendue par les amateurs comme par les spécialistes, l’édition française de l’ouvrage de Lewis Porter coïncide avec le quarantième anniversaire de la disparition du saxophoniste (1926-1967) couramment identifié comme l’un des derniers maîtres historiques du jazz, voire comme l’ultime dépositaire de sa modernité. Tributaire d une tradition remontant au Swing puis au Bebop (à travers l’influence de Johnny Hodges puis celle de Charlie Parker), Coltrane n’en est pas moins au coeur du free jazz qu’il a en grande partie inspiré et dont il s’est lui-même nourri en ses dernières années. Continue reading →
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Quatre trompettes, trois trombones, cinq saxophones, un piano, trois contrebasses, trois percussionnistes… Tel était l’effectif avec lequel le trompettiste Don Ellis se présentait au festival de Monterey en septembre 1966. Formule instrumentale jamais inusitée à ce jour pour un orchestre de jazz, notamment par le nombre surprenant de bassistes et de batteurs. Cette puissance rythmique se mettant au service de compositions et d’arrangements originaux complexes, mais à la fois mélodiques et agréable à écouter, donc accessibles à un large public, ce concert fut un triomphe. L’ère Don Ellis était né. Suivra une longue décennie riche de création et d’innovations musicales, au cours de laquelle se succèderont quatre big bands et paraîtra une quinzaine d’albums, où se mêleront allègrement le génie et quelquefois l’outrance. Car Don Ellis était d’abord un anticonformiste, un touche-à-tout vivant avec son temps : jazz certes (multiforme) mais aussi rock, pop, influence brésilienne, sons venus d’ailleurs (Inde, Balkans…) musique classique et contemporaine… Rien de ce qui relève de l’univers musical ne lui était étranger. C’est ce qui fit sa grandeur… et provoqua aussi un certain isolement, son mépris de certaines conventions lui assurant quelques inimitiés, alors que son audace et sa puissance créatrice ravissaient des auditoires divers. Continue reading →
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Pourquoi la philosophie s’est-elle si souvent satisfaite au mieux de méconnaître le jazz et, au pire, de le mésentendre (Adorno) ? L’une des réponses serait que l’irruption du jazz, au début du XXe siècle, réimporte des valeurs – oralité, imitation, priorité du corps sur le signe, unité du sens et de la voix – que l’Occident s’est efforcé de congédier dès l’origine de la philosophie occidentale. Deux mille cinq cents ans plus tard, après une lente maturation au sein de la communauté afro-américaine, le jazz consacre des thèmes esthétiques et ontologiques auxquels les nouvelles techniques de communication et de diffusion assurent un retentissement planétaire. Continue reading →
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Marc CHEMILLIER – Le jazz, l’Afrique et la créolisation : à propos de Herbie Hancock. Entretien avec Bernard Lubat.
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Livre de référence – En quelques années d’existence, La Partition intérieure s’est largement imposée dans les domaines du jazz et des musiques improvisées. Chacun s’y retrouvera, selon ses besoins du moment ; qu’il soit débutant, improvisateur chevronné, enseignant, critique, musicien curieux, esprit ouvert. / Abondance des matériels, des matières et des manières – Chaque partie approfondit un aspect de l’action (improvisation, son, rythme, mélodie, harmonie, formes et construction du récit, jeu en orchestre). Continue reading →